Un tournant dans le conflit en Ukraine ? Kiev réalise ses gains territoriaux les plus importants depuis l'été 2024
Une étude de l'Institute for the Study of War (ISW) rapporte que l'Ukraine a réalisé ses gains territoriaux les plus importants depuis août 2024.

- Publié le 22-05-2026 à 09h28
- Mis à jour le 24-05-2026 à 16h33

L'Ukraine gagnerait du terrain dans le conflit qui l'oppose à la Russie, et ce de la manière la plus significative depuis l'été 2024, selon une étude de l'Institute for the Study of War (ISW).
"Les forces ukrainiennes ont mené une série de contre-attaques dans différentes zones du théâtre d'opérations ces derniers mois, réalisant leurs gains les plus significatifs sur le champ de bataille depuis l'incursion ukrainienne dans l'oblast de Koursk en août 2024", explique l'ISW.
Selon le think-tank américain, "les forces ukrainiennes semblent reprendre l'initiative tactique dans différents secteurs du front en Ukraine", en multipliant les points de pression.
"Les contre-attaques ukrainiennes ont permis de reprendre une grande partie de Koupiansk à partir de novembre 2025, de libérer plus de 400 kilomètres carrés dans le sud de l'Ukraine durant l'hiver et le printemps 2026, et plus récemment plusieurs localités dans l'ouest de l'oblast de Zaporijjia depuis fin avril 2026", détaille l'ISW.
Moscou forcé de faire des choix
Face à l'avancée ukrainienne, Moscou se retrouve face à des dilemmes stratégiques. Le Kremlin doit réallouer ses forces, en redéployant fréquemment ses troupes.
Selon le rapport, "les forces russes sont contraintes de choisir entre défendre contre les contre-attaques ukrainiennes ou allouer des effectifs et des ressources à des secteurs prioritaires".
Kiev, via ses "frappes de précision, la destruction des réserves russes et la pression constante sur les unités d'assaut russes", tente donc de prendre l'initiative tactique, forçant la Russie "à réagir à un rythme opérationnel défini par l'Ukraine".
Les avancées ukrainiennes restent toutefois pour l'instant localisées, et ne permettent pas la reprise de grandes villes. Mais elles tentent d'avoir Moscou à l'usure, en misant sur l'épuisement des capacités russes.
La Russie aurait d'ailleurs perdu plus de 1,35 millions de soldats depuis le début de la guerre en Ukraine, selon l'état-major de l'armée ukrainienne.
"Le ministère russe de la Défense peine à recruter suffisamment de personnel pour compenser les pertes […]. Le rythme de recrutement russe est passé sous son niveau de remplacement des pertes", précise l'étude de l'ISW.
Si l'Ukraine réussit donc localement à prendre l'initiative tactique et à reprendre des territoires, menant une guerre d'attrition à la Russie, on ne peut pas à l'heure actuelle parler de percée majeure ni de basculement stratégique.