Une infirmière bruxelloise de retour de Venise fustige sa direction: "J'ai repris le travail comme si de rien n'était"
Revenue dimanche de vacances, cette infirmière volante au sein de plusieurs hôpitaux bruxellois, notamment du réseau Iris, pointe du doigt le manque de formation du personnel en matière de dépistage du coronavirus.

- Publié le 26-02-2020 à 08h25
- Mis à jour le 28-02-2020 à 12h27

Revenue dimanche de vacances, cette infirmière volante au sein de plusieurs hôpitaux bruxellois, notamment du réseau Iris, pointe du doigt le manque de formation du personnel en matière de dépistage du coronavirus.
Marine (prénom d'emprunt) vient tout juste de rentrer de Venise où elle était en vacances avec son mari. Pile au moment où l'Italie faisait grimper le bilan à sept morts sur ses terres à cause du coronavirus, tous survenus dans le nord du pays : six en Lombardie et un en Vénétie (Nord-Est). Et il s'agissait à chaque fois de personnes déjà atteintes d'autres pathologies.
Si son conjoint a bénéficié de deux semaines d'arrêt de travail par son entreprise, ce n'est pas son cas, et elle a repris le travail dès lundi. Pourtant, elle est infirmière volante au sein des hôpitaux bruxellois du réseau Iris. "Déjà, j'ai été stupéfaite de ne pas être contrôlée à mon arrivée à l'aéroport. Quand je suis arrivée en Italie, alors qu'il n'y avait pas encore d'épidémie, j'ai été directement contrôlée, comme tout le monde d'ailleurs", raconte-t-elle.
Mais la jeune femme n'est pas au bout de ses surprises. De retour sur son lieu de travail, elle décide de prévenir sa direction, afin d'être au moins dépistée. En vain. "Étant donné qu'on peut être porteur du coronavirus et le transmettre sans avoir les symptômes, je suis directement allée prévenir ma direction. Ils m'ont répondu que si je n'avais pas de fièvre, ce n'était pas grave et que je pouvais continuer à travailler. Je n'ai même pas été dépistée. Et le plus choquant, c'est qu'on a énormément de cas de grippes ici et on ne fait même pas de dépistage par rapport au coronavirus, c'est vraiment inquiétant", indique celle qui a préféré rester anonyme.
D'ailleurs, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui envoie une équipe mercredi en Italie, a estimé que le monde devait se préparer à une "éventuelle pandémie". Pour Marine, on y va tout droit en Belgique. "Quand il y a un cas de grippe, on ne cherche pas à aller plus loin, il y a une vraie omerta dans les hôpitaux. Le personnel n'est même pas formé au test de dépistage, on ne sait pas comment on se sert de ce fameux "speed test". Les risques sont totalement sous-estimés".
"Rien de prévu au niveau des autorités"
Du côté du service de communication des hôpitaux du réseau Iris, on indique suivre les recommandations données par les autorités. "Il n'y a pas d'initiatives particulières pour le moment à ce niveau. On est donc en permanence attentif à l'évolution de la situation en Belgique et aux nouvelles mesures de prévention".
Un mot d'ordre confirmé par le SPF Santé Publique: "il n'y a rien de prévu au niveau des autorités pour le moment, mais peut-être qu'il existe des procédures internes dans les hôpitaux mais c'est vraiment du cas par cas", indique Vincianne Charlier, porte-parole.
