Une mystérieuse hépatite touche les enfants : "On s'attend à des cas en Belgique dans les semaines à venir"
Pour l'heure, aucun cas n'a été détecté en Belgique, mais les experts s'attendent à de nouveaux signalements chez des enfants de moins de 10 ans.

- Publié le 20-04-2022 à 12h29
- Mis à jour le 20-04-2022 à 12h30

C'est un phénomène pour l'heure inexpliqué qui frappe actuellement de jeunes enfants. Des dizaines de cas d'hépatite grave d'origine inconnue survenus au Royaume-Uni et en Espagne, mais entre-temps de nouveaux cas sont apparus au Danemark, aux Pays-Bas et en Espagne, a indiqué mardi le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Dans la foulée, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vouloir lancer des recherches à ce sujet.
"Pour le moment, il n'y a pas encore de cas recensé en Belgique, indique le virologue Steven Van Gucht. Ce sont des cas assez rares et les conditions le sont tout autant. Actuellement, il n'y a pas encore de cause commune entre les différents cas mais nous sommes en alerte et en état de vigilance. Il faut investiguer, aller plus loin et savoir s'il y a quelque chose en commun, le virus ou autre chose. Pour moi, c'est beaucoup de questions et encore trop peu de réponses, il est trop tôt pour parler de quelque chose de spécifique, même si cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas lancer l'alerte." On parle ici d'hépatites aiguës qui n'ont jusque-là jamais été identifiées.
L'agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni (UKHSA) liste ainsi plusieurs symptômes qui ont été constatés chez les patients touchés, comme une urine foncée, des selles pâles et grises, des démangeaisons cutanées, un jaunissement des yeux et de la peau, des douleurs musculaires et articulaires, une température élevée, une fatigue anormale, une perte d'appétit et des maux de ventre.
"En Belgique, cela ne m'étonnerait pas qu'il y ait aussi des notifications dans les semaines à venir, à savoir des enfants qui développent des hépatites aiguës. On va donc mener différentes recherches, c'est la règle quand on lance une alerte de la sorte. Toutefois, d'après les recherches menées en Angleterre, il n'y a à ce stade pas de lien direct avec le Covid ni avec le vaccin anti-Covid, c'est vraiment inconnu.
Chez de nombreux enfants contaminés, les spécialistes ont noté la présence d'adénovirus, qui déclenchent rhumes ou infections respiratoires. Une piste de travail retenue en priorité, même si les causes peuvent être multiples. Sont évoqués notamment une exposition toxique à des aliments, des boissons ou des jouets, certains facteurs environnementaux, des voyages ou encore des intoxications médicamenteuses.
Certains liens ont été effectués chez des enfants infectés avec l'adénovirus mais il faut faire attention car c'est un virus très fréquent chez les enfants, on ne sait pas vraiment si c'est significatif ou non, il faut être très prudent. À ce stade, les pédiatres doivent se montrer très vigilants et faire remonter le moindre cas, il est important que les professionnels de santé soient au courant qu'il y a une alerte, de manière à contribuer à la recherche et au suivi des nouveaux cas", précise Van Gucht. De son côté, l'agence britannique de sécurité sanitaire a prescrit de respecter les règles classiques d'hygiène, notamment le lavage des mains pour tenter de réduire les risques de contamination.
