Fumer coûte cher…. mais arrêter est hors de prix : "L'aide à l'arrêt au tabac est reléguée au dernier plan en Belgique"
La Fondation contre le Cancer appelle à plus de soutien aux personnes qui souhaitent se défaire de cette dépendance.

- Publié le 30-05-2024 à 14h02

Trop de Belges fument. Chaque année, la Fondation contre le Cancer rappelle les effets dévastateurs du tabagisme sur notre santé. Et pour cause, un cancer sur cinq est provoqué par le tabagisme et donc n'existerait pas si on ne fumait pas du tout ; le tabagisme provoque près de 30 % des décès par cancers et vole la vie à plus de 14.000 personnes chaque année en Belgique où près d'une personne sur cinq est considérée comme fumeur.
Dans le cadre de la Journée mondiale contre le tabac organisée ce vendredi 31 mai, la Fondation contre le Cancer appelle à un énorme coup d'accélérateur pour améliorer l'accompagnement pour arrêter de fumer. Les traitements de substituts nicotiniques sont en effet hors de prix dans notre pays, particulièrement pour les personnes défavorisées. "C'est une situation vraiment très compliquée, l'aide à l'arrêt au tabac est reléguée au second voire au troisième plan en Belgique", regrette Nora Mélard, experte prévention tabac au sein de la Fondation. "Aujourd'hui, si on hésite entre acheter un paquet de cigarettes ou un substitut nicotinique, la question ne se pose même plus car le substitut coûte trop cher même s'il peut être rentabilisé au bout de quelques semaines. Sous la dernière législature, il y a eu de nombreuses mesures mises en place mais rien pour aider les gens dépendants dans leur traitement, ce qui devra, on l'espère, devenir une priorité pour le prochain gouvernement."
À côté de mesures attendues et mises en place par le ministre de la Santé comme la hausse du prix des paquets et la multiplication des espaces sans tabac, la Fondation somme les autorités à fournir plus de soutien aux personnes qui souhaitent se défaire de cette dépendance.
Et au vu des tarifs proposés, les personnes défavorisées ont sans surprise moins tendance à se tourner vers une offre de soins.
"Il faudrait que le tabagisme soit considéré comme une problématique à part entière dans notre système de soins, poursuit-elle. Les TNS (les fameux substituts nicotiniques) sous forme de patch, de spray ou autre sont efficaces pour se détacher de la consommation de tabac mais ils sont très coûteux, on peut en trouver par exemple certains à 225 euros pour une durée de 12 semaines. Et à côté de ces traitements, il est important de pouvoir consulter un ou une tabacologue pour traiter les aspects sociaux, comportementaux et psychologiques de l'addiction. Il existe des remboursements (30 euros pour les premières séances puis 20 euros ensuite jusqu'à 8 séances après consultation à Bruxelles et en Wallonie) mais ce n'est pas encore très commun et il manque d'information disponible par rapport à ces offres de soins".
