Faut-il s'inquiéter face à la nouvelle vague de Covid en Belgique ? "Le variant KP2, surnommé "FLiRT", déjoue les pronostics"
Cette nouvelle "vaguelette" s'explique notamment par "un déclin immunitaire" de la population et l'apparition de nouveaux variants. La météo du moment pourrait également avoir une responsabilité.

- Publié le 19-06-2024 à 08h48
- Mis à jour le 19-06-2024 à 12h21

Alors que les vacances n'ont pas encore commencé, le covid refait surface dans plusieurs pays européens. C'est le cas en France où on observe un rebond du Covid avec 52 % de passage en plus sur une semaine aux urgences et 51 % chez SOS Médecins. Alors qu'on le pensait enterré, le virus pointe également le bout de son nez en Belgique, histoire de nous rappeler qu'il n'est pas encore de l'histoire ancienne.
Les eaux usées, où la présence du Sars-CoV-2 est surveillée dans plusieurs stations, montrent en effet une nette progression de la circulation virale depuis plusieurs semaines. "D'après notre dernier bulletin respiratoire, on constate en effet une évolution à la hausse, confirme Steven Van Gucht, virologue chez Sciensano. L'autre paramètre qui confirme une augmentation des cas, c'est le nombre important de tests positifs réalisés dans les hôpitaux ou par les médecins généralistes qui continuent d'en faire quand ils jugent que c'est nécessaire. On voit clairement que le pourcentage de positivité des tests augmente de semaine en semaine".
Un rebond prévisible pour les experts qui pointent du doigt le déclin immunitaire de la population, mais aussi un échappement immunitaire des nouveaux sous-variants du virus, tous membres de grande famille Omicron qui ne cesse de se reproduire.
Ce variant échappe un peu plus à notre immunité"
Prudence lors des grands rassemblements
Si le variant JN1 semble encore majoritaire chez nous, un nouveau variant de cette lignée semble peu à peu se faire une place en suscitant l'intérêt des autorités de santé.
"L'émergence d'un nouveau variant fait partie des explications même si nous n'avons pas encore toutes les précisions pour la Belgique, poursuit-il. Dans de nombreux pays, on voit que cette nouvelle vague est causée par de nouveaux sous-variants comme KP2 et KP3 qui appartiennent à la lignée Omicron et à cette famille de variants appelée "FLiRT". Concrètement, ce dernier a accumulé deux mutations supplémentaires au niveau de la protéine Spike par rapport au variant antérieur (celui qui a causé la dernière vague en novembre dernier), notamment à un endroit où les anticorps se connectent. Il échappe donc un peu mieux à notre immunité, et c'est probablement à cause de cela que nous connaissons une évolution à la hausse même s'il n'est pas considéré comme une urgence et qu'il n'est pas forcément plus agressif que ses prédécesseurs".
Pour mieux cibler ces mutations du virus, l'OMS a recommandé fin avril des formulations ciblant la lignée JN.1 pour les futurs vaccins anti-Covid.
Au niveau des symptômes, il ne semble pas provoquer de maux spécifiques et différents des variants précédents, à savoir de la fièvre, des courbatures, un état grippal, de la fatigue, une toux modérée ou encore des maux de gorge. Quoi qu'il en soit, avec les JO, l'euro qui se déroule actuellement en Allemagne et les vacances scolaires à venir, il y a fort à parier que ce cocktail de brassage et promiscuité favorise la transmission du SARS-CoV-2.
Une vague continue à un niveau modéré durant l'été
Rappelons également que si les vaccins perdent, au fil du temps, en efficacité face aux infections, ils restent très protecteurs contre les formes graves. En Belgique, une nouvelle campagne est prévue en ce sens à l'automne prochain, notamment pour les plus de 65 ans, les malades chroniques et les personnes immunodéprimées.
"On peut s'attendre à ce qu'il y ait une vague continue mais modérée durant la période estivale, précise Van Gucht. Ce qui montre que ce virus déjoue les pronostics et ne peut pas être considéré comme endémique ou plus stable comme la grippe, il évolue en effet toujours un peu plus rapidement et se déclare souvent en dehors de l'hiver. Nous connaissons une météo qui est également difficile actuellement, ce qui peut expliquer cette recrudescence car on reste davantage à l'intérieur, là où les virus respiratoires se transmettent plus facilement. Lors des rassemblements, on recommande toujours aux personnages fragiles de ne pas hésiter à porter un masque pour se protéger mais cela doit se faire sur base d'une décision individuelle".
Par ailleurs, les experts estiment que la vague actuelle devrait rester à un niveau moins élevé que la précédente qui avait démarré au mois de novembre dernier.
