Et si notre corps savait déjà régénérer des membres ?
Pourquoi une salamandre peut-elle faire repousser une patte perdue alors qu'un humain ne le peut pas ? Une étude publiée dans "Science" suggère que la réponse pourrait se cacher dans un mécanisme aussi fondamental que la manière dont nos cellules détectent l'oxygène.
- Publié le 28-06-2026 à 11h07

Perdre une patte et la faire repousser entièrement : ce qui relève de la science-fiction pour les mammifères est une réalité pour certaines espèces d'amphibiens. Depuis des décennies, les biologistes tentent ainsi de comprendre pourquoi certains animaux peuvent reconstruire un membre amputé alors que les mammifères en sont incapables.
Une étude publiée dans la revue Science apporte aujourd'hui un nouvel éclairage. Selon ses auteurs, la capacité à régénérer un membre dépendrait en partie de la façon dont les cellules perçoivent l'oxygène de leur environnement.
Un interrupteur biologique
Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont comparé des tissus de têtards et d'embryons de souris dans des conditions contrôlées. Lorsque les niveaux d'oxygène diminuaient, les tissus de souris activaient des mécanismes associés à la régénération : les blessures se refermaient plus rapidement et les cellules adoptaient un comportement proche de celui observé chez les espèces régénératrices.
Au cœur du phénomène se trouve une protéine, HIF1A, qui agit comme un capteur d'oxygène. Lorsque l'oxygène se raréfie, cette protéine reste active et déclenche une série de changements favorables à la réparation des tissus.
Un potentiel caché chez les mammifères
Les amphibiens étudiés parviennent à maintenir cette voie biologique active même lorsque les niveaux d'oxygène augmentent. Chez les mammifères, en revanche, elle s'interrompt rapidement après une blessure, laissant place à la cicatrisation.
Les chercheurs restent toutefois très prudents : leurs résultats ne signifient pas qu'il sera bientôt possible de faire repousser un bras humain. Ils suggèrent néanmoins que les mammifères possèdent peut-être des capacités régénératrices inexploitées. Comprendre comment les réactiver pourrait, à terme, ouvrir de nouvelles pistes pour améliorer la réparation des tissus et la médecine régénérative.
