Sous pression, la Bourse de Paris décroche "pénalisée par les incertitudes politiques et budgétaires en France"
L'indice parisien a nettement plus reculé que ses homologues européens.

- Publié le 27-08-2026 à 18h48

Les marchés boursiers européens ont terminé sans direction commune jeudi, freinés par les incertitudes géopolitiques et les doutes sur la dette des Etats, malgré une hausse des valeurs tech après les résultats de Nvidia, baromètre de l'IA.
Francfort a grappillé 0,31%. Londres a cédé 0,79%, Paris a perdu 1,68% et Milan 1,17%.
Après plusieurs séances consécutives de records, la Bourse de Bruxelles s'est accordé une journée de pause jeudi. L'indice vedette Bel20 a reculé de 0,38 %, à 5 838,67 points.
A Bruxelles
Parmi les valeurs de l'indice, la plus forte baisse a été enregistrée par Ackermans & van Haaren. La holding a cédé 1,68 %, à 258,00 euros. Elle présentera vendredi ses résultats du premier semestre.
Ageas a abandonné 1,14 %, à 73,70 euros à la clôture. L'assureur a porté son bénéfice net du premier semestre de 677 millions à 846 millions d'euros. Il versera un dividende intérimaire de 1,50 euro en décembre.
Du côté des valeurs de l'indice, Melexis s'est particulièrement distinguée à la hausse, progressant de 1,23 %, à 66,00 euros.
La Bourse de Paris plombée par l'incertitude politique
L'indice parisien a nettement plus reculé que ses homologues européens.
Il a "été particulièrement pénalisé par les incertitudes politiques et budgétaires en France", explique à l'AFP Isabelle de Gavoty, gérante actions à AllianzGI.
A un peu plus d'un mois de la présentation du dernier projet de budget du quinquennat, qu'il devra faire passer malgré l'absence de majorité au Parlement, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'a pas encore fixé d'objectif de déficit pour 2027.
Mais "les investisseurs se rendent bien compte que s'il veut maximiser les chances d'adopter un budget, on risque d'avoir un effort budgétaire plus limité pour réduire les déficits", estime-t-elle.
Or "la détérioration de la situation budgétaire française apparaît comme une source de risque croissante pour les investisseurs".
D'autant que l'agence Fitch mettra à jour vendredi soir sa notation de la dette hexagonale, dans un contexte économique toujours difficile, à huit mois de l'élection présidentielle.
Dans ce contexte de doutes croissants, les actions des banques françaises, qui détiennent massivement de la dette hexagonale, ont reculé: BNP Paribas a perdu 4,79% à 100,66 euros, Société Générale 4,99% à 71,03 euros et Credit Agricole 3,97% à 18,26 euros.
Côté obligataire, le rendement de l'obligation française à échéance dix ans a atteint 4,10%, contre 4,09% la veille en clôture.
L'avis des brokers
IBA (+2,4% à 16,54 euros) a été confirmé à " acheter " chez KBC Securities, avec un objectif remonté de 18 vers 20 euros. Cette révision fait suite à la publication des excellents chiffres semestriels, marqués par une nette amélioration de la rentabilité dans la protonthérapie. " La réalisation du carnet de commandes et les contrats provenant de l'acquisition de Varian devraient déboucher sur une nouvelle augmentation de la marge durant les prochaines années. Ceci valide une stratégie axée sur la rentabilité plutôt que sur la croissance ".
CMB.Tech (+2,8% à 15,6 euros) aenregistré deux révisions positives de ses objectifs suite à la publication des chiffres trimestriels : de 14,5 vers 18,5 euros chez KBC Securities (" acheter ") et de 14 vers 17 euros chez Degroof Petercam (" conserver "). Chez ce dernier courtier, l'analyste pointe le rapport solide publié par le groupe. " La hausse de notre objectif tient également compte de la hausse des prix pour les navires ". Degroof Petercam estime néanmoins que le potentiel haussier est désormais limité.
Recticel (+1,1% à 12,8 euros) a été maintenu à " conserver " chez Degroof Petercam avant la publication des chiffres semestriels, avec un objectif relevé de 11 vers 14,1 euros. " Nous attendons une forte hausse du chiffre d'affaires et du résultat opérationnel, portée par les acquisitions, les économies de coûts et les hausses de prix ". L'analyste anticipe également un discours positif de la direction, qui ne devrait toutefois pas fournir d'objectifs précis pour l'ensemble de 2026.
G.Se.
