La Wallonie prépare son nouveau Plan Loup : "Le contexte a changé, il y a davantage de loups et d'attaques"
De son côté, le ministre flamand Ben Weyts remet en question le statut du loup en Flandre.

- Publié le 27-08-2025 à 14h14

Depuis son installation chez nous en 2018, le loup n'en finit pas de créer des controverses. Ces derniers jours, le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N-VA), a remis en cause le statut de protection actuel du prédateur en Flandre. La raison en est le nombre croissant d'attaques de loups contre des animaux : au premier semestre 2025, 17 % de signalements supplémentaires. Ces dernières semaines, plusieurs poneys ont également été victimes d'attaques en province de Limbourg.
En vertu de la législation européenne et flamande, le loup est protégé : il ne peut être tué, capturé ou dérangé. "Je trouve difficilement acceptable que la vie d'un loup paraisse tellement plus importante que celle de nombreux poneys, moutons, chèvres, etc. À un certain moment, il faut oser dire, du point de vue du bien-être animal, que le prix de la protection d'une espèce est trop élevé, car trop d'autres animaux doivent en payer le prix, de leur vie."
Un état de conservation défavorable
L'Union européenne ayant récemment décidé d'abaisser le niveau de protection du loup de "strictement protégé" à "protégé" (ce qui rend en théorie l'abattage du loup plus facile), le ministre estime qu'il y a désormais une opportunité pour les États membres "d'évaluer les mesures en vigueur et éventuellement d'en envisager de nouvelles".

Du côté wallon, on rappelle que, même avec ce nouveau statut européen, les États membres doivent garantir un état de conservation favorable pour l'espèce. "À ce stade, il n'est pas possible d'affirmer que l'état de conservation soit favorable, ni à l'échelle belge ni à l'échelle wallonne. La situation varie selon chaque État membre. La nouvelle directive, qui réduit le niveau de protection du loup au plan européen, ouvre effectivement la voie à une gestion plus souple de l'espèce. Mais cette souplesse ne s'applique qu'aux États membres où la condition d'un état de conservation favorable est remplie. Ce n'est pas le cas en Région wallonne, ni en Belgique", souligne-t-on au cabinet de la ministre de la Nature Anne-Catherine Dalcq (MR).

Le contexte a changé
En Région wallonne, un nouveau plan loup est en cours de préparation, et doit rentrer en vigueur le 1er janvier 2026. "La nouvelle mouture du Plan Loup ne sera pas élaborée en simple consultation, mais bien en collaboration étroite avec les éleveurs et les autres parties prenantes, complète-t-on au cabinet Dalcq. "Le contexte a changé depuis le premier Plan Loup : l'espèce est désormais installée sur notre territoire, les populations augmentent progressivement et les attaques sur les animaux d'élevage aussi. C'est donc avec les acteurs directement concernés par ce retour, notamment autour des moyens de protection, que ces réflexions seront menées."

Ce plan loup poursuivra plusieurs axes : revoir les moyens de protection (chiens de garde, clôtures) afin que "les conseils prodigués soient les plus adaptés aux besoins et réalités de terrain et que les procédures soient plus justes, efficaces et rapides "; améliorer les procédures d'analyse ADN lors d'attaques et rendre les indemnisations plus justes et plus rapides.
Au 22 août, 17 attaques sur le cheptel domestique avaient été attribués au loup en Wallonie depuis le début de cette année 2025 (72 pour tout 2024 ; 27 en 2023, 30 en 2022...).