Un virus contagieux joue les trouble-fêtes: "Nous pouvons nous attendre à une augmentation significative du nombre de cas dans les prochains jours"
La Belgique traverse une vague de virus virulents, avec un pic d'infections attendu après les fêtes. Les professionnels de santé appellent à la vigilance, surtout pour les populations vulnérables.

- Publié le 31-12-2024 à 11h19
- Mis à jour le 31-12-2024 à 13h32

Nez qui coule, gorge irritée, toux persistante… La Belgique est traversée par une vague de virus particulièrement virulents, et c'est tout le pays qui suffoque. Si ce type d'épidémie n'a rien de surprenant en cette saison, la grippe, elle, débarque plus tôt que d'habitude. Selon le dernier bulletin de Sciensano sur les infections respiratoires aiguës, l'épidémie est bien présente, avec une hausse notable des cas ces derniers jours. Mais les spécialistes prévoient que la situation se dégradera encore davantage à la rentrée scolaire de janvier, avec un pic d'infections attendu à ce moment-là.
Si l'intensité du pic attendu ces prochaines semaines reste peu prévisible, l'absentéisme au travail risque pour sa part d'être assez fort dans les prochains jours. Steven Van Gucht, virologue chez Sciensano, souligne que la grippe a commencé plus tôt cette année, bien que cela ne soit pas exceptionnel. "L'épidémie se déclare habituellement entre janvier et février, mais cette année, elle a débuté en décembre, ce qui reste relativement précoce", précise-t-il. Selon lui, l'épidémie devrait atteindre son pic dans les trois à quatre prochaines semaines, probablement vers la fin janvier, voire un peu plus tôt. "Avec les fêtes de fin d'année et les rassemblements sociaux, nous pouvons nous attendre à une augmentation significative du nombre de cas."
Sciensano avertit également que certains groupes de population sont particulièrement vulnérables. Les personnes de 65 ans et plus, ainsi que celles souffrant de maladies chroniques, comme le diabète, les problèmes cardiaques, pulmonaires ou rénaux, sont les plus touchées et risquent une mortalité plus élevée, comme pour le Covid. "En moyenne, la grippe peut entraîner jusqu'à 3000 décès par an, principalement chez les personnes âgées. Les femmes enceintes doivent aussi être particulièrement prudentes", précise-t-il, soulignant l'importance de la vaccination pour se protéger contre ce virus.
L'aération, une arme de poids contre les virus respiratoires
D'ailleurs, il est toujours possible de se faire vacciner contre la grippe cette saison, bien que les autorités sanitaires recommandent de le faire dès octobre, voire début décembre. "Si on l'a oublié, il reste possible de se faire vacciner, même si cela devient moins efficace une fois la saison bien entamée".
Concernant le Covid-19, la circulation du virus est pour sa part assez faible, pour le moment. Les infections ont en effet considérablement diminué après un petit pic durant l'été et septembre, ce qui est une bonne nouvelle. Toutefois, il faut toujours rester prudent avec ce virus. "La dynamique du virus peut changer rapidement. Il est possible que la situation se modifie en janvier ou février, selon l'évolution des variants et de l'immunité collective", rappelle Van Gucht.
En parallèle de la grippe, les dernières semaines ont été marquées par une augmentation des cas de VRS (Virus Respiratoire Syncytial), particulièrement chez les nouveau-nés et les personnes âgées de 65 ans et plus. Les hôpitaux signalent un nombre croissant de cas sévères de bronchiolite, notamment auprès de ces deux publics.
En ce qui concerne les mesures de prévention, Van Gucht rappelle les bons réflexes à adopter : "Si vous êtes malade, restez à la maison, c'est la priorité. Si vous devez sortir, portez un masque et veillez à maintenir une distance avec les personnes vulnérables." Il insiste également sur l'importance de la ventilation des espaces, notamment pendant les fêtes : "Il est essentiel d'aérer les pièces, idéalement toutes les heures. Un rafraîchissement de l'air toutes les cinq minutes est une bonne pratique." Ces recommandations sont d'autant plus cruciales à l'approche des fêtes, où les rassemblements sont nombreux.
Le virologue rappelle que la ventilation est désormais un facteur reconnu pour limiter la propagation des virus. "Cela a été une leçon tirée de la pandémie de Covid-19. Avant, cela n'était pas intégré dans les recommandations, mais aujourd'hui, cette approche est reconnue, même si son application reste un défi", admet-il. En Belgique, une législation a été mise en place, mais sa mise en œuvre reste progressive, avec des résultats à long terme.
